Âmes Intouchables

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Ironie du Sort

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Shaï




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Localisation : Parce que la nuit recueille mieux tes songes que le jour...

MessageSujet: Ironie du Sort   Mar 10 Avr - 10:58

Le texte est aussi tiré d'un blog, mais je ne dirai pas lequel. Si la personne vient à venir sur ce site et qu'elle se rend compte que je l'ai publié, elle va me trucider... Donc autant pas dire s'il ( ou elle ) est qui. Mais ca reste néanmoins son texte, et il est trop beau. Question de goût peut être. J'aurai pu en choisir d'autres, que je préfère davantage... Mais celui là, fais rêver.

" Les lumières scintillent. Les corps se bousculent. L’obscurité est présente malgré les jeux de lumières qui tournent. Je suis incapable de distinguer les visages des gens. Ils bougent de trop. Ils dansent. Certains couples s’enlacent, s’embrassent. Et je danse, comme eux. Je me conforme à cette drôle de situation, alors qu’en fait je ne sais pas danser. Mais je ne suis pas là pour ça. Non j’observe, je guette, j’attends le moment opportun, ou plutôt le gars opportun. Pourquoi me direz-vous ? Eh bien tout simplement pour ce qui fait que nous sommes des humains. Le sexe pour le plaisir. J’ai lu quelque part que nous étions la seule espèce animale (avec une autre dont je ne me souviens plus) à accomplir l’acte de reproduction pour autre chose que la reproduction. En l’occurrence pour le plaisir, le plaisir sexuel, le désir. C’est ce qui fait que nous sommes nous, que nous sommes des humains. Je ne sais pas si ça veut dire que l’on est plus évolué, mais une chose est sure c’est une excellente chose. Ainsi on peut goûter aux joies simples de la vie sans qu’il n’en découle une descendance.

C’est donc ainsi que je me retrouve là parmi tous ces corps en mouvement à danser. Mon corps imprimant le même rythme que mes voisins pendant que mon esprit reste toujours aussi alerte. Toujours pas de gars à l’horizon. Il fait trop sombre. Je finis par penser que c’est peine perdue. Je m’arrête tout à coup de danser, et me dirige vers le bar. Vaut mieux boire pour oublier cette douce déchéance.

Et c’est là dans un coin sombre que je le vois. Un homme jeune qui tient nonchalamment un verre vide dans sa main. Le regard tourné dans ma direction, je peux constater qu’il est plutôt mignon. Brun, les cheveux courts, de taille et de corpulence moyennes, il a de belles mains, vu d’ici ; son regard flotte dans le vide, un regard sombre, mystérieux. Je constate avec satisfaction qu’il me regarde. Alors en faisant bien attention à mesurer chacun de mes pas, chacun de mes mouvements, je m’avance jusqu’au bar, non loin de lui. D’ici je dois donner l’impression de chercher quelqu’un. Je laisse volontairement mes yeux scruter la salle, alors qu’en fait, il est le seul que je regarde. Je m’assois tranquillement sur un tabouret vacant, plongeant alors mon regard dans le sien pour la première fois. Pendant de longues secondes, je soutiens son regard, souris et enfin reporte mon attention sur le bar.

Un temps qui me semble interminable plus tard, j’entends une voix derrière moi qui me propose un verre. Je me retourne et aperçois le beau brun, son verre vide toujours à la main. Je souris et j’acquiesce. La chanson de Cabrel, Samedi soir sur la Terre, résume assez bien ce qui s’est déroulé ensuite.

On a bu, discuté, bu encore, rigolé. Le désir était palpable. Je ne dirais pas que j’ai essayé consciemment de l’allumer, mais le résultat était là. Il était évident que nous jouions avec le feu. Chaque fois que je croisais son regard, je savais, je savais où tout cela allait nous mener. Et comme s’il avait lu dans mes pensées, il se pencha et m’embrassa. Ses lèvres étaient douces, sa langue ne se fit pas attendre longtemps. Nos langues se cherchaient, s’emmêlaient, jouaient à cache-cache, puis l’une trouvait l’autre, et elles s’emmêlaient dans une parfaite symbiose. Je sentais ses mains fureter sur mon corps, à la recherche d’un bout de peau à découvrir. Le flirt s’éternisa, jusqu’à ce qu’il ne nous suffise plus. Après ça, on eut tôt fait de rejoindre sa voiture.

La suite se déroula un peu dans le brouillard. L’alcool devait y être pour quelque chose. L’alcool a tendance à désinhiber quelque peu les pauvres humains que nous sommes. Et c’est ce qui a fait tout son attrait ce soir là. On s’est vite retrouvé chez lui à s’embrasser comme si c’était la seule chose qui nous restait au monde. Le désir. Et rien d’autre. Les vêtements furent rapidement enlevés, bientôt on se retrouva sur son lit, ses doigts caressant délicatement la pointe de mes seins. Le désir montait en nous à la vitesse d’une fusée. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il était sacrément habile de ses mains, et de sa langue aussi. Mes mains exploraient son corps pendant que sa bouche glissait délicieusement le long de mon ventre. Je sentais ses mains remonter le long de mes cuisses. A bout de souffle, je lui fis clairement comprendre qu’il était temps pour lui d’en revenir à des choses plus terre à terre. Il reprit possession de mes lèvres. Mon désir se faisant de plus en plus pressant, je l’attirais davantage vers moi. Toujours plus près. Jusqu’à ce qu’il me pénètre délicatement.

La suite ne fut qu’un flot d’extase qui déferlait sur nous au fur et à mesure. Des vagues de plaisir se déchaînaient en nous, tel un océan en pleine tempête. La jouissance finit par nous vaincre. Mais nos lèvres restaient indissociablement liées. La nuit ne faisait que commencer.

Le matin, je rentrais chez moi, ayant eu ma dose de plaisir pour la journée. Ce qu’il y a de bien dans les coup d’un soir, c’est qu’on n’a pas besoin de faire semblant de s’intéresser à la vie de l’autre, on n’a pas besoin de faire semblant du tout. La seule chose qui importe pour les deux parties en présence c’est le plaisir. Une fois le plaisir assouvi, on retourne chacun de notre côté à notre morne quotidien. Il n’y a pas de prises de tête. On se sent maître de la situation quoiqu’il arrive. D’abord, on s’allume, puis on attise le désir, jusqu’à ce que la flamme s’éteigne tout doucement, nous laissant tomber dans le sommeil, rassasié. Une aventure de plus sur cette planète. Pas besoin de réfléchir à ce qu’il vient de se passer, pas besoin de s’éterniser en discussions pour comprendre le pourquoi du comment c’est arrivé. C’est arrivé. Un point c’est tout. C’était bien. Mais maintenant c’est fini. Et on peut retourner à notre réalité insipide, le plaisir repu. "

_________________
Et plonger au coeur de la nuit, assouvir sa douleur dans l'obscurité, recueillir les derniers vestiges de son coeur dans des morceaux de cristal qu'on ne pourrait laisser mourir...
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